Un grand chef a dit :

"la terre n'appartient pas à l'homme ,
c'est l'homme qui appartient à la terre."



Indien
d'Amérique

Indien : Nom générique donné aux différents groupes ethniques indigènes du continent américain. Au stade actuel des recherches préhistoriques, il semble confirmé que le peuplement du Nouveau Monde s'est effectué par vagues d'immigrations successives, qui ont commencé il y a environ 25000 ans.

Les immigrants, venant du nord-est de l'Asie par le détroit de Béring, alors rattaché à l'Alaska, appartenaient soit au groupe mongoloïde, soit aux groupes europoïde et australoïde, et l'hypothèse semble confirmée d'un peuplement de l'Amérique du Sud beaucoup plus récent, qui se serait fait par le Pacifique : ces implantations, d'origines mélanésienne, puis indienne et chinoise, expliqueraient certaines similitudes entre les cultures précolombienne et asiatique.

Tous ces différents groupes ethniques, entamant une lente progression à l'intérieur des terres à partir de leurs lieux d'établissement primitifs, seraient entrés en contact et, par des phénomènes complexes de fusion biologique, auraient donné naissance à des types humains polymorphes plus ou moins différenciés entre eux et divergeant des caractéristiques originelles. Il faut ajouter à ces facteurs de différenciation l'incidence de paramètres micro évolutifs tels que la géographie de l'environnement, particulièrement significative dans le cas des régions andines.

On distingue généralement quatre grands types dans la race amérindienne :
- L'Indien des plaines et des forêts du Nord et de l'Est est grand (1,70 m en moyenne), dolicho- ou mésocéphale, avec des cheveux noirs et raides, un nez droit ou aquilin; les Sioux et les Dakota sont des représentants de ce type.
- L'Indien de la côte nord-ouest du Pacifique, plus petit (1,64 m à 1,67 m), à la peau plus claire, présente de grandes similitudes avec la race paléosibérienne; il est brachycéphale et possède un visage très large, ou le nez est concave ou droit (Haïdas des îles de la Reine-Charlotte, Kwakiutl de la région de Vancouver).
- L'Indien maya du Yucutan est également brachycéphale; petit, trapu, il a le teint sombre et les cheveux noirs, des pommettes saillantes et un nez proéminent.
- Enfin : les Indiens d'Amérique du Sud forme un ensemble plus disparate qui regroupe un grand nombre de types différents : race sud pacifique, race sud atlantique, race des Pampas, race paléoamériendienne (dite de Lagoa Santa).

Le niveau des connaissances, de la culture et de l’organisation sociale des Amérindiens avant la conquête européenne était extrêmement hétérogène, allant de l’économie de subsistance des peuples nomades d'Amazonie jusqu'aux remarquables civilisations maya et aztèque. De façon générale, on peut cependant dire que les Indiens connaissaient l'usage du feu, fabriquaient des armes et des outils, et étaient en majorité chasseurs et agriculteurs. On leur doit en particulier la culture du haricot, de la pomme de terre et du maïs. Ils ignoraient, cependant, la roue.

D'un point de vue linguistique, les Amérindiens se distinguent encore par une grande diversité. On reconnaît trois groupes principaux de langues amérindiennes nord-américaines :
- l'algonkin, l'athabascan et l'uto-aztèque.

L'Amérique du Sud comprend une variété infinie d'idiomes, constituant soixante-dix sept familles, dont les plus importantes sont l'araucan (Chili et Argentine), l'arawak (répandu dans tout le continent), l'aymara (Pérou et Bolivie), le quechua (Colombie, Équateur, Pérou, Bolivie, Argentine, Chili) et le tupi-guarani (Brésil, Paraguay, Bolivie et Argentine).

Il est difficile de chiffrer la population du Nouveau Monde avant la conquête européenne ; on estime cependant à un million et demi la population fixée au nord du Mexique, à quatre millions celle de l'Amérique centrale, et à dix millions celle de l'Amérique du Sud (la population actuelle du continent américain est de 550 millions d'habitants).

La grande majorité des Amérindiens ont été gravement affectés dans leur mode de vie et leurs traditions par l'apport culturel et technologique des immigrants européens : la confrontation des deux mondes est allée du génocide à une adaptation soit unilatérale, soit réciproque, comme ce fut le cas dans de nombreuses régions d'Amérique latine, où s'est produit très tôt un échange mutuel des éléments culturels et, plus tard, un mélange des races, qui se traduit aujourd'hui, pour certains pays (Mexique, Guatemala, Pérou), par une majorité ethnique de métis. Il ne faut cependant pas croire que la colonisation européenne a détruit toute la réalité indienne : bien qu'en contact avec la civilisation moderne, bien que parfois mis à l’écart dans des réserves, comme c'est le cas au Etas-Unis, des millions d'hommes sur le continent américain vivent encore aujourd’hui selon le rythme et la tradition de leurs tribus respectives, et l’extrême vitalité des langues amérindiennes illustre bien ce phénomène ; on estime par exemple qu’une centaine d’idiomes différents sont actuellement en usage en Colombie, tandis que sont parlées en Amérique du Nord plus de la moitié des langues amérindiennes existant au moment de la découverte du Nouveau Monde.

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