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VOLEUR DE FEMMES

Titre : Voleur de femmes
Catalog ref. : EAN : 884502235968

ALBUM VOLEUR DE FEMMES

L’histoire des chansons de l’album « Voleur de femmes » de Steelcox

 

– Comment vous sont venues les chansons de votre album « Voleur de Femmes » ?

– Lorsque j’essaie d’analyser après coup comment me vient une chanson, je m’aperçois souvent que l’idée initiale a plusieurs origines. C’est très souvent un ensemble de choses, de sentiments, de situations, de souvenirs de personnes rencontrées ou d’expériences vécues qui m’ont touché et qui se sont assemblées pour rejaillir au service d’un thème ou d’une musique. Des spécialistes de l’analyse y verraient plus clair mais, à mon modeste niveau, cette réponse un peu simpliste me satisfait totalement !

– Prenons les titres dans l’ordre de l’album. Pour le premier titre « Voleur de Femmes » par exemple ?

– L’origine de cette chanson provient certainement au départ d’un sentiment évident de jalousie amoureuse que j’ai dû souhaiter exorciser. J’ai étudié le phénomène de la jalousie et j’ai compris beaucoup de choses à ce sujet. N’y a-t-il pas dans la jalousie plus d’amour pour soi-même que d’amour pour l’autre. Pour être vrai, l’amour ne doit-il pas être inconditionnel ? Ne doit-on pas donner notre amour sans attendre de retour ? Pour revenir à la chanson, le décor Western est dû à un goût personnel pour l’histoire de l’Ouest américain souvent retracée dans les meilleurs films de mon enfance. Mon entourage y est aussi pour beaucoup. Plusieurs de mes amis et amis musiciens sont aussi des adeptes des bottes de cuir, des jeans et des chapeaux de cow-boy et du Western. Un grand nombre d’entre eux sont aussi des fans incontestés de la Country Music. C’est donc pour ces raisons que beaucoup de mes chansons baignent dans cet univers qui m’est familier. Pour la musique, la présence des guitares rythmiques, la virtuosité du fantastique solo et la chaleur des choeurs féminins sont autant d’éléments que j’adore présenter dans mes chansons. Pour moi, c’est un ensemble homogène qui concourt à donner une ambiance générale qui doit refléter l’idée directrice du morceau.

– Pour « La Radio allumée », nous voici dans une très jolie ballade country en quelque sorte ?

– Pour « La Radio Allumée », qui s’appelle à l’origine « Je vais m’endormir la radio allumée », oui c’est tout à fait ça ! L’idée était que l’auditeur se voie dans la voiture de la personne qui est au volant. Une rupture sentimentale apporte généralement une solitude devenue inhabituelle. On éprouve alors le besoin de se réfugier dans un endroit plus calme pour prendre du recul et réfléchir. Réfléchir à l’autre, à soi et à ses propres erreurs. Le recul nous rend souvent plus objectifs. La route à mon avis symbolise le mouvement, le changement que l’on entreprend de sa propre initiative par réaction à sa propre douleur. La radio allumée elle, c’est le cordon qui nous relie à distance avec le monde extérieur. J’avoue avoir une sympathie particulière pour les hôtels. Ces lieux sont pour moi comme des parenthèses de la vie pendant lesquelles, à l’abri de tout, je fais le point et réfléchis pour repartir … Pour la musique, il s’agit effectivement d’une ballade country avec des touches de pedal steel guitar et l’intervention d’un harmonica sur les dernières mesures.

– La chanson « Les lumières du highway » est dynamique et entraînante. Il y a une part de vécu je crois ?

– Pour « Les lumières du Highway », lorsque j’ai eu l’idée de cette chanson, j’ai eu envie de prendre le contrepied des séries policières qui remplissent les programmes télé, où les policiers sont souvent des héros. J’ai voulu montrer qu’un flic peut aussi être un individu lambda qui fait son boulot de policier sans plus de passion et qui peut très bien craquer et avoir envie d’arrêter ce travail trop risqué pour reprendre une vie plus calme. Je pense que la réelle profession de flic n’a rien à voir avec la vie des héros de films ou de séries télé car c’est hélas un engagement professionnel dans une réalité plus grave. Cette histoire possède une part de vécu puisque un de mes amis qui a été flic lui-même, m’a emmené un soir en patrouille dans sa voiture de police avec son co-équipier ! Pendant quelques heures, j’ai pu ainsi tester et ressentir l’ambiance en situation réelle ! La musique tout en restant mélodique porte cette histoire dans cet univers de patrouille de police et conduit à un refrain entraînant où les choeurs ont une importance évidente tout comme les parties de cuivres.

– Et « Elle repense à la West-Coast » ?

– Cette chanson m’a souvent porté bonheur ! Je ne sais pourquoi ! Une revanche sans doute sur la vie ? Comme nous tous, j’ai souvent vu autour de moi des couples se former, des amis se marier, mais aussi des couples se défaire, c’est ce qui m’a inspiré « Elle Repense à la West-Coast ». Cette chanson sur la séparation cherche à démontrer que des projets communs importants pour lesquels on s’est investi totalement peuvent être démolis par la vie elle-même qui les avait fait naître, et cela malgré notre sincère engagement. Une séparation, une rupture peut intervenir dans notre relation avec l’autre et alors, soudain, tout s’achève brutalement. Peut-être parce qu’on n’a pas suffisamment pris le temps de bien comprendre l’autre ou de se connaître soi-même. Il reste alors forcément une amertume et des regrets qui font qu’on y repense trop souvent.

– « Le temps n’efface pas tout » ?

– La saison que je préfère est sans hésiter le printemps qui annonce les beaux jours à venir. Pour cette chanson, je me souviens, c’était un soir de mars vers 19 heures, alors que le soleil inondait encore le salon, que l’idée de cette chanson s’est imposée à moi. Avec elle la vision d’une route sur laquelle une bande de copains, les uns en voiture, les autres en moto, se rendent à un fantastique concert de rock. C’est donc ce déplacement qui explique le rythme « Train beat » de ce titre. A cette image se mêlait ce sentiment enthousiaste qui nous pousse à profiter de la vie, à bouger, à se faire les meilleurs souvenirs pour mieux lutter … contre le temps ! Je remercie au passage les guitares de Christian Razat qui jouent l’accompagnement rythmique et les riffs de ce titre.

– « Je traverse l’Arizona » ? Ne sommes-nous pas là aussi sur la route musicale de Steelcox ?

– « Je traverse l’Arizona » m’a été inspirée par ces camions américains chromés, ces « trucks » impressionnants, ces monstres d’acier qui parcourent les routes des States et que l’on voit dans certains films américains. La vie de ces routiers m’a intéressé et j’ai parcouru plusieurs articles à ce sujet. Peut-être parce que leur vie ressemble à celle des chanteurs qui parcourent les routes lorsqu’ils sont en tournée. C’est toujours ce besoin et cette envie d’espace qui se manifestent mais ici avec un clin d’oeil à ceux qui paient de cette façon le prix de leur liberté. Cette chanson d’inspiration Country a appelé naturellement la collaboraton de mon ami guitariste Christian Razat qui est intervenu sur les arrangements et a enregistré toutes les parties de guitare, de steel guitar, le solo et les parties de choeurs sur les refrains. Lorsque je chante cette chanson, il m’arrive souvent de voir la route défiler en rêve devant moi entre l’Arizona et le Nouveau Mexique !

– « Lunettes noires » ?

– Avec « Lunettes noires » nous voici à fond dans le romantisme, dans la chanson sentimentale de l’été. Et oui il en faut non ? Qui n’a pas ressenti ce sentiment curieux que provoquent les lunettes noires que porte l’autre ? Moi, je ressens chaque fois un sentiment d’éloignement et d’isolement de la part de la personne qui les porte ! Pas vous ? Un mystère envoûtant qui nous pousse à vouloir l’éclaircir ! Et oui, tes lunettes noires pouvaient cacher tes yeux, mais ce voile ne change rien pour moi car je connais ton âme autant que ton coeur … Un riff de muted guitare dans les couplets, des percussions et quelques choeurs dans les refrains sont venus rejoindre un saxo alto déchirant.

– « Comme un indien d’Amérique » ?

– Le thème de cette chanson m’a été inspiré par l’idée d’une comparaison entre la vie des gens qui vivent par obligation dans les immeubles des cités sans jardin ni verdure et la vie des indiens d’Amérique privés de leurs terres ancestrales et parqués dans des réserves. L’homme n’est-il pas un loup pour l’homme ? J’ai souvent ressenti que le contact avec la nature, avec la terre, avec les arbres, avec l’eau apporte un bien être apaisant. Je pense que cette privation engendre chez tout être humain un besoin viscéral de voyages et de grands espaces, un besoin de retour à la nature pour compenser un certain étouffement, une certaine frustration.
Lorsque cette évasion n’apparaît pas possible dans la réalité pour de multiples raisons, il reste une ultime solution celle de l’imaginaire et des visions magiques chères aux indiens. Cette chanson est résolument mélodique et pour celles et ceux qui apprécient les belles harmonies, il y a là de belles couleurs musicales. Un clin d’oeil à la flute traversière et au saxo qui complètent de leur timbre les harmonies du clavier.

– et enfin » Boxeur » ?

– Cette chanson c’est une pensée solidaire vers toutes celles et tous ceux qui ont choisi de se livrer au combat pour se sortir de situations difficiles, soit pour changer de vie, soit pour atteindre un objectif jugé vital ou ressenti comme tel. Ce combat n’est pas facile car il nécessite d’affronter des structures établies qui prennent souvent l’allure de barrières insurmontables, de se faire une place là où il n’y en a pas et aussi de se dépasser soi-même. Ces montagnes il faut les franchir et très souvent sans aides extérieures. On perd ses illusions de jeunesse, on prend des coups à l’intérieur de soi-même tel un boxeur qui lui les reçoit à même son corps. Pas de droit à l’erreur car le temps nous est compté et le public n’aime souvent que les vainqueurs. On fait alors de superbes découvertes sur soi-même, sur sa propre énergie et sur le pouvoir de la pensée positive. On apprend à se connaître soi-même tel un boxeur qui doit corriger ses faiblesses pour se donner les meilleures chances de gagner le combat. La musique de cette chanson doit son dynamisme aux interventions musclées des cuivres et à un ensemble basse-batterie efficace. Ce qu’il fallait pour gagner le match !

– Merci Steelcox et bonne chance à l’album « Voleur de femmes » !

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